Volume 9, numéro 6 — Juin 2009
La Rue Kétanou
Musique et macadam
La Rue Kétanou est de retour au Québec pour une série de cinq spectacles afin de nous présenter son nouvel album, intitulé À Contresens.
Fin mai début juin, le groupe sera de passage à Sherbrooke, Montréal, Chicoutimi, Québec et Lévis. Ces spectacles suivront de près la sortie de l'album au Québec le mardi 26 mai 2009 chez Indica Records.
Il aura ainsi fallu sept ans pour que La Rue Kétanou livre un successeur à Y'a des cigales dans la fourmilière. Il est vrai qu'entre-temps, chacun avait voulu s'adonner à ses projets personnels à l'image d'Oliver et Mourad avec le collectif Mon Côté Punk et Florent avec T'inquiète Lazare. Après ces différents projets, ce retour aux sources était très attendu par les admirateurs de la formation.
C'est à la fin des années 1990 que Florent, Olivier et Mourad fondent leur sympathique trio La Rue Kétanou. Après de multiples prestations dans les bars et les petites salles, ces joyeux drilles sont repérés par Tryo qui leur propose d'assurer ses premières parties. L'aventure était née… Près de dix années plus tard, deux albums au compteur et de nombreuses prestations en concert, la formation a retrouvé l'énergie pour concocter ce troisième opus, À Contresens.
À l'instar de l'«album blanc» des Beatles, l'«album rose» de La Rue Kétanou offre le meilleur d'un groupe soudé comme jamais qui, devenu son propre producteur, enregistre toujours à la maison. Le groupe se renouvelle en gardant les mêmes bases…
Rien de plus vrai: porté par ces voix brutes, belles de leur fibre bohémienne inclassifiable, le flamenco y épouse le reggae, la chanson française, le rap et les accents gitans au détour des quatorze morceaux qui ne parlent au fond que d'amour. Honneur aux femmes d'abord et tendresse surtout («Todas las mujeres», «Germaine», «Derrière ses cheveux longs»), ce qui n'exclut ni l'humour tendre («Ton cabaret»), ni le fabuleux rap à fromage («Maître Corbeau»), ni la main fraternelle tendue aux marginaux («Les Derniers Aventuriers»), ni, bien entendu, l'hymne permanent à la vie («Prenons la vie», «80 tours de la terre»). À contresens du terme galvaudé de morale, La Rue Kétanou préfère son anagramme planétaire: el amor.
Après sa sortie en France le 9 février 2009, le trio a fait une tournée de la République en mars. La formation s'est notamment produite au Bataclan de Paris avant de faire escale dans des villes comme Metz, Orléans ou Grenoble.
Florent, Mourad et Olivier ont commencé la musique dans les rues de Paris, d'où leur devise: «C'est pas nous qui sommes à la rue, c'est la Rue Kétanou!»
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