Volume 5, numéro 12 — Décembre 2005

The Busters

Une évolution populaire

Le onzième album du groupe allemand The Busters — le treizième si on mentionne les albums enregistrés en concert — est sorti le 18 novembre dernier.

La musique hybride qu'on peut y entendre saura plaire aux amateurs de bonne musique dotés d'une certaine ouverture d'esprit. Le groupe s'attaque à la catégorisation des genres, armé d'une musique métissée aux influences variées, à la fois traditionnelles et contemporaines.

The Busters

Le premier extrait de l'album Evolution Pop, «Radio Smash Hit», est disponible en téléchargement depuis le 10 octobre dernier sur le site Web officiel du groupe. De plus, on pourra télécharger le vidéoclip de «Radio Smash Hit», réalisé par Paddy Kroetz. Le réalisateur a l'ambition de faire la démonstration par l'absurde que les budgets mirobolants et les grandes compagnies de production ne valent rien sans une grande idée. Les Busters sont appuyés par des artistes qui dépassent les frontières de l'Allemagne, avec entre autres Ska-P d'Espagne et Athena de Turquie, qui ont participé au tournage du vidéoclip.

Outre l'addition du chanteur Ron Marsman avec Richard Tabor, il faut citer l'appui de Chuck Waggon, une figure de proue de la musique western des années soixante. Unique, calme et imperturbable, il a su améliorer l'album avec les chansons «Whiskey 'til I drop» et «Boogie Nights».

Avec «Whiskey 'til I drop«, Waggon mixe du one drop reggae à la musique western, pour reproduire une sonorité semblable à ce qu'était parvenu à créer Cake, avec sa musique dérivée du hip-hop et du country. Le résultat devrait plaire à tous ceux qui apprécient les textes qui n'ont pas besoin d'une explication alambiquée.

Comme son nom l'indique, l'album Evolution Pop présente une évolution du groupe vers une sonorité pop, sans tomber dans l'esprit populaire. En fait, le titre se veut ironique, car les Busters se défendent de faire de la musique pop, bien que la scène ska en Allemagne ait toujours taxé le groupe de populisme. Mais tout dépend de votre définition de «pop», car l'album n'a rien à voir avec la musique pop que nous imposent les vedettes préfabriquées de l'industrie du disque. Cependant, si Bono était accompagné des Skatalites, la musique de U2 ressemblerait sans doute à celle du plus récent album des Busters

L'enregistrement est équilibré avec le mixe du réalisateur Uwe Hoffmann (Die Ärzte) et la dévotion sans fin du réalisateur Stephan Ullmann. Avec cet album, les Busters ont l'intention de dépoussiérer le ska, qu'on a tendance à oublier dans un coin en cette époque de musique jetable. La tournée des Busters en Europe commence le 26 décembre prochain, et les rumeurs circulent de plus en plus au sujet du tournage d'un DVD en spectacle.

Afin de s'assurer que leur message soit entendu haut et fort, le groupe a formé sa propre maison de disque, Ska Revolution Records, qui devrait affranchir les Busters du mutisme auquel est confronté tout artiste qui s'écarte de la norme définie par l'industrie culturel en Allemagne.

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