Volume 6, numéro 8 — Août 2006
The Specials
Fatalité bien orchestrée
Il y a vingt-cinq ans, à quelques minutes de l'enregistrement de l'émission Top of the Pops, Staple disait à Dammers que lui-même, Hall et Golding avaient l'intention de fonder un projet dans lequel il serait exclu, le trio Fun Boy Three. Une gifle sur la gueule qui signifiait la dernière performance de la formation originale du groupe The Specials.
Le groupe était pourtant au sommet. La chanson «Ghost Town» venait d'atteindre la première position des palmarès. L'enregistrement de l'album More Specials avait été pénible, juste après les tournées Two Tone, sans le moindre répit, mais l'album et les extraits s'étaient hissés au Top Dix. En 1981, le groupe ne tenait plus qu'à une chanson, ce qui vint compliquer le processus d'enregistrement dont la méthode s'avérera fatale.
Pourtant, en revisionnant l'émission enregistrée en juin 1981 et diffusée en juillet, il est ardu de déceler la moindre amertume dans l'ultime performance du groupe de Coventry qui a créé le revival ska à la fin des années soixante-dix en Angleterre. Terry Hall admet que c'était difficile d'aller sur le plateau de Top of the Pops. Et c'était génial en même temps, en raison de la nature de l'album: Nous voulions tous nous trancher la gorge, mais cette tension est fantastique lorsqu'on écoute l'émission.
Bien qu'enregistré sur une simple console huit pistes à Leamington, le maxi Ghost Town est considéré comme l'opus magnum de Jerry Dammers, claviériste, auteur, compositeur et idéateur du groupe… un disque dont certains passages soulèvent votre kilt
, selon Staple et Byers. L'enregistrement fut cependant une épreuve traumatisante
selon Hall: Mais nous l'avons fait, et le résultat était fantastique.
Lorsque les choses ne tournent pas rond, croit Hall, la chose naturelle à faire est de quitter. Je préfère m'en aller et me dire
, dit-il avec un sourire d'embarras. mission accomplie
. D'autant plus que je n'avais aucune idée où nous pourrions aller après Ghost Town, car ce disque représente tout ce que nous voulions exprimer. Je trouvais ça étrange de quitter, et les deux-tiers du groupe m'ont renié pour çaMais c'est ce qui est arrivé.
Retour en arrière
Le groupe émerge sur la scène au moment où le mouvement punk s'essouffle. D'abord invité en 1978 par Bernie Rhodes pour quelques spectacles en première partie de la tournée On Parole, dont la tête d'affiche, The Clash était le groupe qui, jusque-là, avait le mieux réussi à fusionner les musiques punk et reggae. Mais c'est The Specials qui a produit la recette qui stimulera toute une relève à la scène punk. Ce mod-ska, comme on l'appelle en Angleterre, est repris par des groupes tels que Madness, The Beat et Bad Manners.
En juillet 1979, le groupe produit la chanson «Gangsters», qui atteint la sixième position du palmarès britannique. La musique est une adaptation de «Al Capone», un classique des années soixante signé Prince Buster. En 1980, le groupe obtient son premier numéro un avec une version enregistrée en concert de la chanson «Too Much Too Young».
Au cours des prochains mois, nous publierons une série de textes portant sur l'histoire du groupe The Specials. À lire dès septembre 2006…
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